Val-de-Marne : l’heure des comptes pour les derniers bandits manchots

>Île-de-France & Oise>Val-de-Marne>Ablon-sur-Seine|Denis Courtine|11 octobre 2016, 20h48|0

 

 

Le service des douanes contrôle dans un café un Bingo à Paris (XVIIIe), le 19 octobre 2006 LP/Gaël Cornier.

 

Denis Courtine

 

Ablon-sur-SeineMachines à SousTribunalVal-de-Marne

 

Une page de l’histoire des bistrots se tourne. Depuis ce mardi et jusqu’à jeudi, 19 cafetiers en grande majorité val-de-marnais comparaissent au tribunal correctionnel de Créteil pour avoir utilisé dans leur établissement, principalement entre 2008 et 2009, des machines à sous clandestines. Dans les faits, ils encourent sept ans de prison. Mais la peine pourrait être bien plus clémente. Car on est assez loin de l’image de tenanciers sans scrupule dirigeant des cercles de jeux illégaux.

Même gêne de se retrouver pour la première fois de leur vie devant un tribunal, même accent portugais, même système de défense un peu boiteux. Chacun leur tour, les patrons de ces bistrots racontent leur histoire. Celle d’un rade de banlieue qui tire un peu le diable par la queue. Avec un bénéfice qui dépasse rarement les 1 500€ par mois. Et puis un jour, c’est la visite d’un placier qui leur propose soit un Bingo, c’est-à-dire un faux flipper mais vrai jeu de hasard, soit une borne internet. Dans les deux cas, le client met une pièce et peut gagner des sous. Combien ? « 10, 15 ou 30€ », se souvient un bistrotier. Et si le client gagnait plus ? « Il fallait appeler le placier. Mais ce n’est jamais arrivé ». Le problème évidemment, c’est que ces machines n’étaient pas déclarées. Les douanes ne percevaient donc rien. Et ça, c’est illégal

« On ne le savait pas », jurent d’une même voix les cafetiers. « Evidemment qu’ils le savaient, sourit une source proche du dossier, géré par la Brigade de répression du banditisme. Ça leur permettait de se faire en moyenne entre 500 et 1000€ en plus par mois ». L’arrangement avec le placier était toujours le même. Il fournit la machine et, régulièrement, il récupère les pièces des joueurs. La moitié pour lui, l’autre pour le bistrotier. Une petite escroquerie qui a disparu en 2012 avec la légalisation de s jeux en ligne.

Mercredi et jeudi, le tribunal va se pencher sur les cas des six placiers et de cinq concepteurs de bornes web. En apparence, il s’agissait d’aller juste sur Internet. En réalité, ce n’était qu’une version plus moderne du Bingo à l’ancienne.

leparisien.fr