Le bingo des douanes sur les machines à sous

>Île-de-France & Oise > Oise|20 janvier 2010, 7h00 | MAJ : 12 octobre 2016, 23h10|0

 

Oise

 

La rue Jean-Jaurès de Creil attire une nouvelle fois l'attention de la police et des douanes. Lundi après-midi, huit fonctionnaires ont visité deux débits de boissons. « C'était un contrôle administratif portant sur les jeux clandestins », explique un officier. Bien ciblé.


« Avec la récession, elles ont refait surface »


Dans le bar, l'Anadolu, policiers et douaniers ont découvert deux bingos suspects. « Nous les soupçonnons d'être détournés et de faire office de machines à sous », poursuit le policier. Ces machines électroniques ressemblent à des flippers ou à des bandits manchots. A la différence qu'elles peuvent rapporter de l'argent cash à leurs utilisateurs et non de vulgaires boules de chewing-gum. « Il suffit que le fournisseur installe un logiciel spécial, ce qui est interdit », explique Marc Dussaule, patron de l'Etrier à Chantilly et ancien vice-président des cafetiers et brasseurs. Un innocent flipper devient alors un jackpot lucratif. A partir d'un certain score, le tiroir-caisse s'ouvre pour le joueur. En l'occurrence, à L'Anadolu, c'est une petite boîte distincte de la recette et contenant 700 € qui a mis les contrôleurs en alerte. Il pourrait s'agir d'une caisse noire.


D'autre part, les appareils de jeux litigieux n'étaient pas déclarés. Le gérant était présent sur les lieux. Il sera convoqué prochainement pour répondre du délit de loterie et de jeux clandestins. Les machines ont été laissées sur place avec interdiction de les utiliser. D'autres irrégularités ont été relevées, dont un défaut d'inscription à la Sacem. L'établissement risque une fermeture administrative.


« Les enquêteurs sont souvent mis sur la piste des fraudeurs par d'anciens cafetiers verbalisés », confie le policier. Les jalousies sont vives entre professionnels. « Par temps de crise, installer une machine à sous peut laisser au gérant l'illusion de croire qu'il améliorera l'ordinaire, explique Marc Dussaule. Je suis souvent appelé par des collègues qui ont été démarchés par des installateurs. Je leur conseille de ne pas jouer à ce jeu. Il peut vous coûter une forte amende et une fermeture administrative. » « Avec la récession, elles ont refait surface. Elles commencent à être réinstallées dans le Bassin creillois », assure un enquêteur. Et les contrôles aussi. Ces bingos peuvent générer des bénéfices non négligeables. « Une machine qui tourne très bien dans un café parisien peut dégager de cinq à dix mille euros par mois. »

 

 



Le Parisien